La question de la grève reconductible à l'ordre du jour - Préavis déposé pour juin

Face aux attaques d’ampleur que subissent à la fois les services publics, la fonction publique et les statuts, le système éducatif, ses usagers et ses personnels, face aux dénégations mensongères de nos gouvernants, qui sentent le vent tourner à ce sujet, les temps forts nationaux et académiques comme ceux des 30 mars, 4 avril, 9 mai, 18 mai, comme les différentes actions départementales et locales sont amplement justifiés. L'annonce du retrait de l'article de loi instituant les établissements publics des savoirs fondamentaux, ou encore celle d'ouverture de négociations sur les salaires, sont à mettre au compte des mobilisations passées et en cours.

Mais se pose désormais également la question du recours à une grève reconductible, vraisemblablement longue, mais seule à même, en « bloquant la mécanique », de faire vraiment reculer ce gouvernement, en donnant incidemment à ces temps forts un retentissement médiatique bien plus important que celui qui leur est actuellement concédé (voir en fin d'article pour les préavis de couverture déposés).

Nous savons, en ce qui nous concerne, que ce mode d'action ne peut cependant être invoqué de façon incantatoire et ne se décrète pas.
Nous savons également que nombre de collègues ont été réticent.es jusqu'à maintenant à cette idée, par lassitude, difficultés financières, ou encore sentiment que d’autres actions auraient plus de chances d’aboutir...

Des collectifs et des AG se sont montés à un niveau essentiellement urbain pour l’instant, et nos militants y prennent toute leur part. Des actions locales de résistance sans grève ont été souvent priviliégiées, mais elles restent, pour d’autres, discutables, et présentent des risques individuels, sans secours juridique évident, si elles ne sont pas ou plus massivement suivies (démissions de PP, notes de confiance, refus de siéger en conseil de classe, etc.). L'opportunité d'un blocage des examens (le SNES donnera bientôt les résultats de sa propre enquête auprès des adhérent.es) et des appels à des journées d'"école morte" sont également évoqués.

La section académique du SNES-FSU est intervenue auprès du recteur pour que des courriers de rappel à l'ordre ne soient pas versés aux dossiers des collègues ayant participé à l'action des "notes de confiance", mais il est apparu clairement à cette occasion que la seule arme efficace, y compris en réaction à ces mesures de rétorsion, reste celle de la grève, qui met chacun à l'abri de toute imputation de faute, tout en justifiant qu'aucune des obligations professionnelles ne puisse alors être remplie.

Envisager à ce stade de "bloquer" pour tout ou partie les examens (brevet, bac, bts...) équivaut déjà à annoncer une action de grève, car elle sera appréhendée comme telle par l'administration (et la jurisprudence). Autant donc commencer avant pour ne pas faire baisser la pression et inclure la période des examens, si besoin, dans la grève reconductible !

Des grèves sporadiques ont déjà eu lieu dans certains établissements.

A notre niveau syndical, nous avons incité tous nos responsables de sections d'établissement à rendre encore plus visibles les actions locales, par le relais de la liste de diffusion dite "tous_S1" permettant une information transversale de la plupart des établissements de l’académie et des instances départementales et académiques du SNES, pour interventions. Le but est ainsi de créer un « effet boule de neige » propre à accroître le rapport de force nécessaire, en sortant la lutte de tout "bocal local".

Dans ce cadre, il semble nécessaire, lors de prochaines réunions d’information syndicale, que nos collègues se déterminent sur deux points :
- le premier est bien sûr celui de savoir comment se préparer à une grève dure en lien avec toutes les actions en cours et à venir, si cette option, qui nous paraît incontournable, finit par être retenue, puis comment s’y associer individuellement, sous toutes formes à organiser localement ;
- le second, celui de la solidarité entre collègues de l’établissement afin qu’une participation, même occasionnelle, de tous et toutes à l’action soit possible.

Malgré les sacrifices que demande ce mode d’action, quelles que soient ses formes locales d'organisation, il est possible à ces deux conditions que le mouvement se renforce à partir de nombreuses initiatives locales, pourvu que celles-ci se veuillent le plus visibles possibles et qu’une véritable diffusion de l’information hors les murs ait lieu, en temps réel.
La présence des collègues grévistes dans et devant les établissements déjà en lutte (avec banderoles) pour chaque jour de grève, photos à l’appui, peut déjà être un bon moyen d’attirer les médias.

La section académique du SNES avait déposé, dans cette optique et pour faire suite, voire doublon, aux préavis nationaux, un préavis de grève académique à compter du 23 avril, date de la rentrée des vacances de Printemps et jusqu’au 15 mai inclus. Même si les actions en cours sont toujours couvertes par un préavis déposé chaque jour par le SNES au niveau national, la section académique de Nantes renforce cette couverture et la visibilité médiatique de toutes les actions incluant grèves quotidiennes et/ou simples débrayages, et non participation individuelle à des journées d'examens par un nouveau préavis de grève académique couvrant tout le mois de juin 2019.

La Carte nationale des mobilisations en cours peut être remplie par les responsables du SNES-FSU de chaque établissement en se connectant à l'espace adhérent, onglet "Mon établissement".